10.06.2008
Quand la littérature se fait belge... : histoires et perspectives
Dès qu’il s’agit d’analyser la littérature belge, il faut prendre en compte toutes les spécificités qui déterminent la littérature : les rapports avec « l’extérieur », tant du point de vue des interactions avec les autres littératures que du point de vue des liens étroits entre littérature et société. Comme l’écrit Paul Aron, « les questions littéraires ne peuvent être séparées de l’évolution sociale, linguistique et économique. »La littérature belge se définit donc par les relations qu’elle entretient avec un ensemble hétérogène défini comme « Belgique », mais aussi avec le grand ensemble littéraire français, dont le centre névralgique est Paris.
Dès lors, faute de structures légitimantes et d’un marché national étroit, les écrivains francophones belges sont confrontés, soit à s’affirmer en tant qu’écrivain belge (mais alors, l’écrivain se retrouve dans une position de marginalité), soit à s’intégrer au grand ensemble de la littérature française, quitte à nier son identité. Cette double posture d’autonomisation et/ou d’assimilation s’inscrit dans la constitution d’un champ littéraire belge, gravitant entre le centre (Paris) et la périphérie, entre des forces centrifuges et centripètes tout au long de l’histoire littéraire.
1. Problématique et perspectives : les spécificités belges
A la quête de l’ « âme belge » : du nationalisme littéraire à la naissance des lettres belges (1830-1920)
En écho à la révolution belge et aux conséquences sociopolitiques, la littérature belge cherche à exprimer et à affirmer les valeurs originelles de la nation que peuvent être le peuple ou la langue. Un nationalisme littéraire permet la valorisation symbolique de la culture flamande par opposition à l’universalisme français. Dans ce cadre, le jeune État belge encourage un art officiel étendu à tous les genres artistiques, dont l’expression littéraire sera le roman historique et romantique, destiné à rappeler les grands faits de la Belgique. Il faudra attendre 1880 pour que « la vie littéraire prenne un essor significatif : elle met alors à profit l’héritage des institutions tout en rompant avec l’idéologie nationaliste. » (Aron)
Avant-gardes et imaginaires : l’effacement identitaire (1920-1960)Durant cette période, l’accent est mis sur la communauté culturelle et linguistique avec la France. Pourtant, dans cet effacement, la littérature belge ne s’inscrit plus dans l’appartenance à une nation proprement dite, mais plutôt dans l’expression d’une « culture du refus de l’histoire », marquée par l’hypercorrectisme et par les irrégularités. La prédilection pour des genres marginaux, pour l’étrange ou le fantastique fait écho à l’expression du rapport difficile entre la langue et réalité.
La Belgique malgré tout, belgitude et mal du pays : essai de définitions
L’insécurité linguistique, la prégnance des pratiques discursives ou encore l’utilisation de genres ou d’imaginaires marginaux,… caractérisent la littérature belge polarisée entre les critères linguistiques (littérature française de Belgique) et les critères identitaires (littérature belge francophone). Cette troisième voie permet de positiver des éléments définis négativement : l’absence d’identité devient un critère d’identité et offre l’avantage d’une ouverture à tous les possibles dans l’espace littéraire.
2. La naissance difficile d’une littérature belge : entre histoire et nation.Avec l'indépendance, la littérature se fait l’écho des questions politiques et sociales, mêlant à la fois le sentiment identitaire et la logique historique. La littérature belge de 1830 s’appuie sur le cadre national ainsi que sur la récupération idéologique d’un héritage pour constituer un ensemble littéraire légitime. Dès lors, la littérature reflète les ambitions du jeune État, favorisant l’émergence d’une « âme belge », fusion de l’héritage latin et de l’ascendance nordique. C’est donc par une valorisation paradoxale de la culture flamande et de la langue française que la littérature se fait le creuset. Faute de structures légitimantes et de moyens, l’écrivain belge doit partir à la conquête d’une légitimité et de l’autonomie du champ littéraire, notamment face au pouvoir. Dans ce cadre, l’écrivain se fait historien de la littérature pour se revendiquer d’un passé littéraire, mais aussi pour se positionner face aux écrivains français. Outil idéologique par excellence, l’histoire littéraire et les discours métadiscursifs en général, favorisent la reconstitution d’un patrimoine littéraire cohérent. En outre, et comme les arts sont mis au service du pouvoir, la littérature de l’époque valorise la gloire de l’école de peinture au détriment de la création littéraire. Autre genre promu par le pouvoir, le roman historique entre dans l’optique d’une construction identitaire. Même si les premiers romans apparaissent comme des mises en fiction de travaux littéraires, le genre affirme dès 1850 une ambition littéraire, trouvant dans l’histoire un prétexte à la création romanesque.
Charles De Coster (1827-1879), La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel (1867)
Première œuvre qui ait vraiment compté, le roman de Charles De Coster est souvent considéré comme la véritable naissance de la littérature belge. Adaptation d’une légende, le roman prend une dimension politique, celle de la promotion d’un unitarisme belge à fondement identitaire flamand. Cette curieuse épopée fait la synthèse entre le réalisme et le romantisme, tout en étant liée à des thèmes modernes. Par ses ambitions littéraires, ses choix stylistiques, ce roman permettra à De Coster d’être reconnu comme premier romancier national.
Durant la période 1850-1870, on assiste à l’avènement du roman réaliste en Belgique francophone, dont les ambitions sont triples : la promotion d’un roman national, capable de refléter les traits distinctifs du peuple belge ; la promotion d’un roman social, écho à l’émancipation des classes sociales ; enfin, la promotion d’un roman moral, comme manifestation de dispositions éthiques particulières.
Dès lors, la situation de l’écrivain va sensiblement varier : la participation à des revues, la volonté de donner une fonction didactique à la littérature,…permettent à l’écrivain d’acquérir une nouvelle dignité et légitimité. Première manifestation du désir d’autonomie de l’art et de la littérature belge, la revue Ulenspiegel, journal des ébats (1856-1863) porte l’innovation des idées esthétiques et apparaît comme un vecteur de la modernité artistique.
Camille Lemonnier (1844-1913), Un mâle (1881)
Camille Lemonnier est la figure tutélaire de la littérature belge.Ecrivain d'art, la peinture constitue chez lui une référence capitale qui fait que la réalité est amplifiée par les modèles picturaux. Tout en s’inscrivant dans la tradition picturale flamande, Lemonnier est un défenseur des « peintres de la vie moderne », voyant en cela une filiation et une continuité entre l’art flamand et les artistes novateurs. Critique d’art, animateur de revues, il prend la défense d’un art national marqué par une conception réaliste. Expression de la nature et observation de l’homme dans son milieu, les romans de Lemonnier exaltent lyriquement cette osmose entre l’homme et la nature.
3. L'âge d’or de la littérature belge : le symbolisme
Dès 1880, on assiste à une exacerbation du débat sur l’autonomie.
La Jeune Belgique et L’Art moderne : le rôle des revues
Fondée par Max Waller, La Jeune Belgique (1881) se veut le lieu d’expression pour la jeune génération littéraire tandis que L’Art moderne, fondée par Edmond Picard, recherche une identité littéraire spécifique, trouvant dans l’articulation entre le social et l’artistique, une modernité. En 1887, avec le Parnasse de la Jeune Belgique, la vie littéraire est arrivée à maturité, entre prises de positions et polémiques (débats, structures, institutionnalisation), et ce en se revendiquant d’une esthétique « parnasso-naturaliste » qui mêle le réalisme, gage de légitimité sociale et le Parnasse, comme "religion" de l'art autonome.
L’originalité du symbolisme belge
C’est avec le symbolisme que la littérature belge s’affirme et sera reconnue en France. Entre ouverture cosmopolite et théorisation du symbole, le symbolisme belge explore l’éventail des possibles stylistiques par l’invention de procédés nouveaux.
Maurice Maeterlinck, Pelléas et Mélisande (1892)
A la fin du 19e siècle, le théâtre évolue vers une invention et une création de la mise en scène, comme médiation entre un texte, un auteur et le public. L’espace mimétique se déplace vers un espace de signes et de suggestion, ouvert à l’interprétation. Dans ce cadre, Maeterlinck réfléchit sur le symbole et sur le théâtre : pour lui, le tragique s’inscrit dans le quotidien, à l’intérieur de l’individu (Le Tragique quotidien, 1896). Pelléas et Mélisande se veut la configuration de l’existence d’un nouveau mode de représentation théâtrale, tourné vers un « spectacle total » : scène dépouillée, univers mythique,…
Georges Rodenbach, Bruges-la-morte (1892)
Position centrale dans l’œuvre de Rodenbach et dans l’évolution littéraire de l’époque, Bruges-la-morteest la condensation de tous les thèmes et motifs exploités par Rodenbach. Ce roman poétique mêle une intrigue réaliste fondée sur un procédé symboliste, qui aboutit à un crime mélodramatique. Bruges apparaît comme désincarnée, comme support à rêve et à correspondances, le récit est organisé autour d’équations mystérieuses (lyrisme, poétique du reflet, dimension psychanalytique).
4. Surréalismes en Belgique
Modernisme et avant-gardes
La longévité du symbolisme, sans cesse remanié, fait « retarder » l’apparition d’un nouvel avant-gardisme.
Futurisme et dadaïsme : phase négative
La Première Guerre mondiale apparaît comme une fracture totale avec le « monde d’avant », ce qui entraînera une remise en question des valeurs qui ont mené à ce massacre. En lien avec les expressionnistes allemands et engagé sur le plan politique, Clément Pansaers (1885-1922) est un pacifiste convaincu et révolté (revue Résurrection). Le Pan-pan au cul du nègre (1920), qui par son expérience plastique, rend le texte illisible tout en libérant l’expression par l’éclatement des valeurs, la profusion de sens, reflétant le chaos du monde.
Les surréalismes belges : de Bruxelles au Hainaut
Se différenciant des surréalistes parisiens, les surréalistes bruxellois le sont « malgré eux ». Première manifestation du surréalisme, Correspondance(22 novembre 1924) se veut un pastiche, sans prétention littéraire, sinon celle d’un recopiage où quelques mots sont changés, comme une mise en miroir du texte original et de sa recomposition afin de dynamiter la littérature de l’intérieur. Séparant les domaines politiques et artistiques et refusant tout carriérisme littéraire, les surréalistes bruxellois voient dans le langage une matière à expérience, déconstruisant les supports et les images.
Le surréalisme hennuyer apparaît plus tardivement, et sans doute par sa position provinciale, il marque une dépendance vis-à-vis du surréalisme français, que ce soit dans l’engagement politique face à la crise économique ou encore dans le rapport à la littérature, favorisant l’écriture automatique. Sensible aux problèmes de la classe ouvrière, Achille Chavée (1906-1969) et le groupe Rupture(1934) refusent de séparer le social de l’art, et cherchent dans leurs programmes esthétiques à réveiller les consciences révolutionnaires dans l’élaboration d’une morale prolétarienne, dont la concrétisation se retrouve dans l’œuvre de Constant Malva, Ma nuit au jour le jour. Fernand Dumont, quant à lui, compose des textes automatiques dans la lignée de Breton, se laissant aller au « hasard objectif », comme dans "La région du coeur", à propos duquel le chef des surréalistes français dira : " Je suis de très près, je me tiens très près depuis des années de ce que vous écrivez et j'ai quelques fois l'illusion, le long de l'influence du soleil,que telle phrase dont le commencement vous esr donné, s'il m'était donné, je ne la finirais pas très différemment de vous. Ce langage que vous parlez est celui qui m'est le plus cher, celui à la génération duquel je tiens le plus. Je l'aime jusque dans ses faiblesses nécessaires, il a pour moi la saveur de l'originel."
5. Réalités fantastiques et réalisme magique
Le fantastique, une « histoire belge »
Selon Marc Quaghebeur, le fantastique répond à la volonté de l’écrivain belge de s’évader d’une réalité décevante, s’agissant d’un « fantastique de compensation et de réaction ». En outre, il faut voir en cela l’exploitation d’un sous-genre dédaigné par le champ littéraire français, afin de trouver une forme de reconnaissance et de permettre les innovations, le tout dans le maintien de l’affirmation identitaire à travers le fantastique. Ainsi, l’analyse du fantastique belge permet d’appréhender l’esthétique belge, comme un trait définitoire de l’identité culturelle belge.
Les « fantastiqueurs » belges, entre réalisme magique et épouvante
Dialectique entre le rêve et l’imaginaire, le réalisme magique est avant tout un fantastique intériorisé qui pose un regard extraordinaire sur une réalité ordinaire, dans la quête d’un moi profond, comme chez Franz Hellens, et cher à Edmond Picard. A côté de cela, on peut même parler d’une véritable « école » en ce qui concerne le fantastique, réunissant Jean Ray, Thomas Owen ou encore Michel de Ghelderode.
6. La Belgique malgré tout ou le mal du pays
Durant les années 1970, la Belgique apparaît comme trop étroite, voire inadaptée aux yeux des auteurs qui se déchirent entre exil et "belgitude" (Pierre Mertens et Claude Javeau, Nouvelles littéraires,1976). Interrogations sur la littérature, son rôle, allant de l’effacement identitaire à l’affirmation des particularismes suscitent différentes prises de position polémiques et plus individuelles, et dans ce cadre, la diversité reprend ses droits.
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Paul Aron, Le Dictionnaire du littéraire, P.U.F.
Laurence Brogniez, Cours d'histoire de littérature belge francophone, FUNDP, année académique 2007-2008
Robert Burniaux et Robert Frickx, La littérature belge d'expression française, P.U.F., coll. "Que sais-je?"
Benoît Denis et Jean-Marie Klinkenberg, La littérature belge- précis d'histoire sociale, Espace Nord, coll. "Références"
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20.04.2008
Les écrivains belges oubliés : Maurice des Ombiaux

Apprécié par Camille Lemonnier (dont il laisse une biographie anecdotique originale) et Maurice Maeterlinck, Maurice des Ombiaux, écrivain naturaliste beaurinois, est un auteur aujourd’hui méconnu qui a pourtant joué un rôle majeur lors de la constitution d’une identité wallone au XXème siècle.
Maurice des Ombiaux est né à Beauraing en 1868. Après avoir achevé ses humanités, poussé par son père, il entreprend dans un premier temps des études notariales. Mais la passion qu'il cultive pour la littérature le pousse à se lancer dans une carrière d'écrivain. Il se lie d'amitié avec Jules Destrée et devient un moment secrétaire de La Jeune Belgique.
En 1865, à la recherche de son propre style, il rompt avec cette dernière et fonde Le Coq Rouge, aidé par Eekhoud. Il collabore également avec la revue L'Art jeune. Il milite pour la liberté de l'art. Son premier recueil, Mes Tonelles paraît en 1898. Pour faire connaître le succès, il n'hésite pas à provoquer le scandale en faisant déambuler dans les rues de la capitale des hommes-sandwiches avec le slogan "Dreyfus est revenu de l’île du Diable pour lire Mes tonnelles, de Maurice des Ombiaux". Le succès est au rendez-vous. Il publie L’histoire mirifique de Saint Dodon l'année suivante.
Il continue alors d'écrire des contes et des romans (parfois plus d'un ouvrage par an) qui mettent en scène une vie joyeuse, gaillarde et sympathique. Il replonge dans ses souvenirs d'enfance pour ressortir les vieilles légendes locales. Son plus grand succès restera Le Maugré (1911), considéré par Lemonnier et Maeterlinck comme un chef d'oeuvre. En 1902, il participe à la création de l'Association des Ecrivains belges. Il défend vaillamment le patrimoine culturel wallon et fonde à Charleroi La Jeune Wallonie. Il ne cessera de lutter pour montrer que trop souvent, la Wallonie est négligée par rapport à sa voisine flamande.
Il s'installe à Paris en 1921 et s'intéresse à la gastronomie.En connaisseur du bien boire et du bien manger, il devient chroniqueur gastronomique et rédige un code de la table. Cela lui permet d'acquérir en France une certaine célébrité. Il continue aussi d'écrire des romans plus historiques, mais qui manquent parfois de méthode. Cependant, Des Ombiaux perd peu à peu la maîtrise de son art. Il doit vivre de sa plume et multiplie les manuscrits, mais la valeur littéraire n'est plus au rendez-vous, car il écrit surtout pour gagner son pain.
La Seconde Guerre mondiale sera fatale à l'écrivain. Il sera un moment correspondant de guerre, mais, malade, il décède à Paris en 1943.
Maurice Des Ombiaux aura joué un rôle capital dans la définition de la culture wallonne. Il est sans aucun doute l'un des écrivains wallons qui a le plus oeuvré pour révéler la Wallonie à elle-même.
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Illustration :
• Charles Gheude, Camille Lemonnier et Maurice Des Ombiaux dans les dunes de Knocke
Sources :
• http://www.servicedulivre.be/fiches/o/ombiaux.htm
• http://www.wallonie-en-ligne.net/1995_Cent_Wallons/Des-Ombiaux_Maurice.htm
01:03 Publié dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : maurice des ombiaux, écrivain belge, wallonie
24.11.2007
Emile Zola : Bilan critique
Pour ceux qui travaillent ou vont un jour travailler sur Emile Zola, il est intéressant de savoir que l'ouvrage d'Alain Pagès est désormais disponible en ligne sur le site ITEM (Institut des Textes & Manuscrits Modernes), un laboratoire du CNRS.
Emile Zola : Bilan critique est un ouvrage très précieux. Publié en 1999, l'ouvrage se divise en quatre grandes parties : Lecture moderne (depuis 1950), les intérprétations de la critique du XIXe siècle à 1950, l'analyse des romans et un guide bibliographique.
La première partie présente un inventaire "des thèses ou des interprétations que l'oeuvre d'Emile Zola a pu faire naître du XIXe siècle à nos jours". Alain Pagès prend 1950 comme point de départ car c'est seulement dans ces années-là que l'oeuvre de Zola commence à intéresser les universitaires. Il relève toutes les études : critique biographique, critique historique et génétique, critique sociologique, critique thématique et psychologique et critique narratologique. L'exposé est enrichi par des extraits de textes fondateurs.
Dans la seconde partie, Pagès fait une synthèse des "interprétations de la critique du XIXe à nos jours". Il étudie la réception de l'oeuvre de Zola (par ses contemporains puis dans les manuels de littérature), la polémique anti-naturaliste qui va naître et les problèmes critiques qu'à rencontré l'oeuvre.
La troisième partie s'intéresse aux romans les plus lus (L'assomoir et Germinal). Pagès y montre les questions qui se posent actuellement sur les oeuvres (sur l'étude des personnages, de l'espace, ...).
Enfin, la quatrième partie propose un guide bibliographique utile pour les recherches.
Le bilan critique est donc un outil pédagogique pour proposer des méthodes de lectures aux étudiants et aux enseignants. Bien qu'il ait presque qu'une dizaine d'année, il présente néanmoins les ouvrages fondateurs de ces différentes critiques. Le guide bibliographique pourra quant à lui être complété en consultant par exemple le site des "cahiers naturalistes".
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Alain Pagès, «Émile Zola : Bilan critique»,
[En ligne], mis en ligne le: 6 septembre 2007
Disponible sur: http://www.item.ens.fr/index.php?id=187041
A. PAGES, Emile Zola : Bilan critique, Ed. Nathan, 1999
20:24 Publié dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.11.2007
Que ferait-on sans le Goncourt ?

Crée pour récompenser chaque année « le meilleur ouvrage d'imagination en prose, paru dans l'année », le prix Goncourt est attribué presque exclusivement à un roman. Le prix français le plus prestigieux, bien que lui-même symbolique — dix euros — mais la notoriété promise au lauréat, qui verra son œuvre accéder au palmarès des meilleures ventes, est une récompense très convoitée. Légué par le testament d'Edmond de Goncourt en 1886, la Société Littéraire des Goncourt est officiellement fondée en 1902 et le premier prix Goncourt sera décerné le 21 décembre 1903.Les dix membres de l'Académie Goncourt se réunissent chaque premier mardi du mois dans leur salon, au premier étage du restaurant Drouant. Le prix est attribué début novembre. Si après quatorze tours de scrutin il n'y a pas de lauréat élu le président a une voix double pour déterminer une majorité de vote. Le prix ne peut être décerné qu'une seule fois à un même écrivain. À une exception près : l'imposture littéraire de Romain Gary qui l'a reçu en 1956 pour son roman les Racines du ciel, puis en 1975, sous le pseudonyme d'Émile Ajar, pour le roman La Vie devant soi. Notons aussi que le prix Goncourt est indissociable, depuis 1926, du prix Renaudot, créé cette année-là par dix critiques littéraires qui attendaient la proclamation faite par le président de l'Académie Goncourt. Sans être organiquement lié au jury du Goncourt, le jury du Renaudot joue le rôle de son complément naturel, accentué par l'annonce du résultat, simultanément et dans le même cadre.
Gilles Leroy, lauréat du Goncourt 2007 pour "Alabama Song"
Attribué ce lundi au roman de Gilles Leroy "Alabama Song", publié au Mercure de France, le prix Goncourt vient donc de réponsenser un "petit" éditeur, la sélection ayant fait la part belle aux petites maisons, et ce au détriment des acteurs habituels. Reste à savoir si le succès commercial sera au rendez-vous... C'est à l'issue d'une sélection très ouverte que le roman de Gilles Leroy a été primé cette année, tout en étant en lice pour le prix Renaudot, qui a finalement été attribué à Daniel Pennac pour "Chagrin d'école" chez Gallimard. Cette année, le jury du Goncourt a voulu innover en retenant seulement cinq romans, au lieu de quatre pour témoigner de la diversité de la production littéraire. Etaient en lice pour ce prestigieux prix: Olivier Adam avec " A l'abri de rien" (L'Olivier), Philippe Claudel pour "Le rapport de Brodeck" (Stock), Clara Dupont-Monod avec "La Passion selon Juette" (Grasset), Gilles Leroy et Michèle Lesbre avec "Le Canapé rouge" (Sabine Wespieser). Spécificité de la sélection: le jury avait choisi de faire la part belle à des éditeurs hors du cercle des grandes maisons qui se partagent habituellement le prix. Car plus qu'une bataille littéraire, l'attribution du Goncourt est aussi une jolie bagarre commerciale entre les éditeurs pour qui ce prix reste un enjeu majeur. Le dernier Goncourt 2006, attribué aux "Bienveillantes" de l'Américain Jonathan Littell, a ainsi signé un record avec, selon l'éditeur Gallimard, plus de 730.000 exemplaires vendus. Mais ce succès reste exceptionnel, les ventes du Goncourt s'établissant en moyenne à 237.000 exemplaires entre 2000 et 2005 selon les chiffres.En fait, les prix profitent surtout aux livres qui ont déjà séduit un large public. Tel était le cas pour "Les Bienveillantes", qui avait déjà rencontré le succès avant de remporter le prix. Cette année, deux sélections en lice - "A l'abri de rien" et "Le rapport de Brodeck" - pointent également déjà parmi les meilleure ventes de l'automne. Reste que le Goncourt se situe toujours au dessus des autres prix en termes de retombées commerciales. "Alabama Song", qui n'avait été tiré à ce jour qu'à 25.000 exemplaaires, devrait donc largement en profiter. De son côté, Daniel Pennac, déjà numéro un des ventes avec son "Chagrin d'école", peut espérer battre de nouveaux records de vente pour un Renaudot. Les jurés Renaudot avaient également retenu dans leur sélection "Un roi sans lendemain" (Grasset) de Christophe Donner, "Le privilège des rêveurs" (Albin Michel) de Stéphanie Janicot, "Sept pierres pour la femme adultère" (Mercure de France) de Vénus Khoury-Ghata et "Birmane" (Plon) de Christophe Ono-dit-Biot.
20:10 Publié dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le Prix Nobel
Le prix Nobel de littérature est probablement la plus prestigieuse récompense décernée aux écrivains aujourd'hui. Contrairement aux autres prix littéraires comme le Goncourt, ...
Il n'est pas attribué pour un livre particulier mais, il récompense annuellement depuis 1901 de son vivant un auteur, écrivain, homme ou femme de lettres s'étant illustré dans le domaine et dont l'œuvre a apporté une contribution durable et remarquable aux champs culturels. Et cette année, c'est à Doris Lessing que les 18 membres de l'Académie ont décidé d'attribuer le prix, succédant ainsi à Orhan Pamuk. Cette romancière britannique, née en 1919 est devenue un symbole du féminisme et laisse une oeuvre fortement marquée par son expérience africaine et par ses nombreux combats politiques. Ce choix confirme ainsi les soupçons qui pèsent sur le goût des jurés pour une littérature engagée et qui leurs valent parfois d'être accusé de redoubler le Nobel de la paix. L'Académie se défend farouchement de ces accusations et entend n'être qu'au service de la littérature. La littérature doit selon Horace Engdhal (académicien) rester le vecteur, au-delà de toute idéologie politique, d'un idéal esthétique.
Le prix Nobel de la littérature se différencie également des autres prix par son caractère international : il récompense un homme ou une femme de lettre pour sa carrière littéraire, quelque soit sa langue ou sa nationalité. C'est donc des centaines d'auteurs du monde entier que les jurés doivent lire ou relire chaque année avant de pouvoir réduire progressivement la liste jusqu'au vote final. L'Académie compte évidemment parmi ses membres des spécialistes de différentes littératures mais le monde entier ne sait pas être représenté avec les seuls 18 membres. Il y a donc dans les coulisses une importante activité de traduction qui vient enrichir l'immense bibliothèque internationale de l'Académie.
Voilà donc les deux raisons qui font que le prix Nobel de littérature est peut-être le plus prestigieux prix décerné en littérature. D'une part, il récompense un écrivain pour l'ensemble de son oeuvre et pour sa contribution dans le champ littéraire. D'autre part, son caractère international lui permet de ne pas se perdre parmi la ribambelle de prix automnal tel le Goncourt, le Femina, le Flore, le Renaudot, le Médicis, le prix Décembre, le grand prix de l'Académie française ... associés à la rentrée littéraire française (exception française).
09:55 Publié dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prix littéraire, nobel, lessing
16.10.2007
Introduction au neuvième art
La bande dessinée a décidément gagné sa place dans le monde de l’art, elle est devenue le 9ème art. Elle a su en quelques dizaines d’années trouver sa place dans les foyers, parfois plus facilement que la littérature classique. Cependant, l’univers de la bande dessinée se révèle encore souvent méconnu au vue de sa richesse.
Pour les moins familier l’univers de la bande dessinée, je vous propose de découvrir ses origines et son évolution. Cela nous permettra en outre de nous familiariser avec les termes particuliers qui caractérisent le genre. Nous commencerons par les prémices lointaines et terminerons par la maturité, c’est-à-dire la bande dessinée telle que nous la connaissons actuellement.
Certains pourraient croire que la bande dessinée est récente. Et bien non, ses origines remontent à l’Egypte ancienne, en 1500 av. J-C. Les défunts Egyptiens étaient alors accompagnés dans leurs tombes par le Livre des Morts. Il s’agissait d’un rouleau de papyrus qui était lu par le prêtre lors des funérailles. Dans ce rouleau, on retrouvait des récits sous forme de bandes superposées dont les scènes étaient illustrées par des idéogrammes et dans lesquelles les Egyptiens avaient pris soin d’intégrer du texte.
Pour la première fois, le texte et l’image étaient liés pour raconter une histoire constituant les débuts de la bande dessinée.
Plus tard, après les Egyptiens, l’image continuera à garder son aspect narratif, mais les récits resteront muets car le texte n’y sera plus associé. Citons par exemple la fresque du Parthénon au Veme siècle av. J-C, la colonne Trajane en 113 après J-C.
Au début du Moyen Age, l’image reste encore dépourvue de textes, comme la tapisserie de Bayeux au XIe siècle, ou les vitraux narratifs des églises, jusqu’en 1370. Cette année est célèbre car l’apparition de l’imprimerie a favorisé l’usage du phylactère, c’est-à-dire, l’introduction du texte à l’intérieur d’une image et dans un emplacement spécifique. C’est à cette époque que nous retrouvons sur une planche xylographique, Bois Protat, utilisée à l’origine pour l’impression d’étoffe, le plus ancien exemple de phylactère.
Il s’agissait alors d’une banderole où les artistes moyenâgeux inscrivaient les paroles prononcées par les personnages d’un tableau.
Les bandes dessinées ayant la forme que nous connaissons aujourd’hui sont nées en Suisse, vers 1827, lorsque Rodolphe Toepffer (1799-1846) diffuse auprès de ses proches un recueil d’images calligraphiées Les Amours de M. Vieux Bois. Le recueil sera publié dix ans plus tard, suivant les conseils de Goethe, ami de Toepffer.
L’œuvre de Toepffer présente déjà toutes les caractéristiques d’une bande dessinée moderne, à savoir une narration découpée par scènes et un emplacement spécifique pour les textes.
Mais les œuvres plus tardives n’intégreront pas encore toutes les caractéristiques Toepffériennes tel le texte entièrement intégré à l’image, le cadrage ou l’angle.
L’image reste encore souvent muette, uniquement commentée par des sous-titres ou des légendes.
Aux USA, les grands quotidiens ont très vite adopté les bandes dessinées dans leurs pages de suppléments. Ainsi, ces hebdomadaires publient en 1826 les premières véritables BD : At the Atticus Alley rebaptisé The Yellow Kid de Richard F. Outcault et The Katzenjammers kids.
A noter que R. F. Outcault avait pris l’habitude d’intégrer le texte non pas dans des phylactères mais sur le personnage lui-même.
Le phylactère reste cependant encore trop souvent absent et les dessins sont redondants, illustrant plus un texte qui pourrait se suffire à lui-même, comme dans Bécassine. Le ballon, ou phylactère tel que nous le connaissons apparaît avec Les Pieds Nickelés (1908) de Louis Forton et sera généralisé par Alain Saint-Ogan et Hergé avec les remarquables Zig et Puce (1925) et Tintin au pays des Soviets (1929).
La bande dessinée moderne, telle qu’elle nous est présentée aujourd’hui venait d’être adoptée par les auteurs.
Après la première guerre mondiale, la diversification de la presse et des supports dans les années 30 sont un véritable tremplin pour la bande dessinée en Europe et aux Etats-Unis.
Aux Etats-Unis, l’absence de tradition culturelle spécifique fait de l’image un langage commun. Les suppléments des grands quotidiens touchent alors un très large public. Les comics ; des fascicules sous couvertures souples, s’adressaient à un public enfantin, comme à un public adolescent. On retiendra aussi l’œuvre de Winsor Mc Kay : Little Nemo, chef-d’oeuvre onirique et baroque. Au fur et à mesure, la bande dessinée continue d’évoluer l’on voit apparaître des héros, désormais incontournables tel que Mickey, Flash Gordon, …
En Europe, la loi française interdit les comics, ce qui a pour effet de permettre l’essor de l’école franco-belge, débarrassée de la concurrence américaine.
Cette école sera dominée par Hergé (1907-1983) qui s’entourera d’une équipe de dessinateurs de grand talent (Jacobs, Martin, Leloup). Le travail d’Hergé, dont la densité et la qualité ravissent le public, allait donner ses premières lettres de noblesse à la bande dessinée.
Les bandes dessinées sont, comme aux USA, publiées dans des suppléments de grands journaux comme Tintin dans Le petit vingtième, supplément du Vingtième Siècle.
Apparaissent alors trois grandes revues qui vont révolutionner l’histoire du 9e art : Le journal de Spirou, Tintin, le journal des aventuriers et Le Pilote
Ces trois journaux vont devenir incontournables dans le monde de la bande dessinée et lanceront une foule d’auteurs célèbres tels que Jijé, Franquin, Greg, Jean Graton, Uderzo, Gotlib, …
L’après-guerre fait évoluer les mentalités, dans les années 30, les auteurs belges et français dessinaient beaucoup pour des enfants, après la guerre, la bande dessinée s’adresse d’abord aux jeunes puis vers les années 70 aux adultes auprès de qui elle va connaître un succès grandissant.
Les créateurs se libèrent et explorent de nouveaux genres, de nouveaux styles. Naissent notamment Corto Maltesse (Pratt), Jonathan (Cosey), Thorgal (Van Hamme et Rosinski).
Le public s’élargit de plus en plus. Fin 1972 commence une exposition intitulée « Dix millions d’images ». C’est l’ébullition et la municipalité d’Angoulême décide la création d’un salon dont la première édition est inaugurée le 25 janvier 1974.
En 1980, la bande dessinée évolue et voit ses frontières s’élargir. Les auteurs accèdent à une diffusion internationale. Mais le phénomène le plus marquant de ces années fut probablement l’avènement des Mangas : ces héros japonais qui séduisent le public franco-belge. Nous assistons alors à l’invasion d’Akira, Dragon Ball, … qui sont aussi un genre nouveau de bande dessinée.
Parce que la Belgique est importante dans le monde de la bande dessinée et parce que la bande dessinée est importante en Belgique, un musée est implanté à Bruxelles. Nous aurons l’occasion d’en reparler par la suite. C'est donc en toute logique que, le 6 octobre 1989, les premiers visiteurs découvrent un temple dédié au Neuvième Art dont toute la Belgique parle : Le centre Belge de la Bande Dessinée.
1990 célèbre la généralisation de la bande dessinée, elle s’introduit partout, dans tous les foyers et perd sa réputation de « faux livres » pour adolescents incapables de s’intéresser à de vrais romans. Elle s’affiche désormais partout : cinéma, jeux vidéos, timbres, …
Le nombre de titres publiés chaque année augmente de plus en plus et les collectionneurs sont avides d’originaux, de dédicaces ou de gadgets.
La diversification du genre explose aussi. En effet, de nouveaux styles voient le jour. Les bandes dessinées psychologiques (Le combat ordinaire de Larcenet), l’héroïque fantaisie, (La quête de l'oiseau du Temps de Loisel)… par exemple, suscitent désormais beaucoup d’intérêt, mais le style traditionnel comme les westerns où les histoires fantastiques fascinent toujours.
La bande dessinée a su évoluer et s’enrichir au rythme de notre société. Elle a su aborder tous les sujets qui ponctuent notre vie et s’intégrer dans notre quotidien. Elle constitue désormais un genre littéraire qui n’a pas fini de se développer.
L’histoire de la bande dessinée est étroitement liée à la Belgique. En effet, depuis Hergé, la Belgique a vu naître plus de 700 auteurs de bandes dessinées. Aussi bien francophones que néerlandophones : Franquin, Jijé, Peyo, Vandersteen, Tillieux, … Elle peut d’ailleurs se vanter d’être le pays avec la plus forte densité de bédéistes au Km2.
D’autre part, la bande dessinée est le premier produit d’importation des maisons d’édition belges.
La bande dessinée s’est désormais imposée, elle est devenue un véritable phénomène social et se retrouve partout dans notre quotidien. Elle décore les murs des villes, les stations de métro, elle est utilisée dans la publicité, la sensibilisation, la prévention, … Elle est même enseignée et mieux encore sert à enseigner.
Nous constatons donc que la bande dessinée occupe une place privilégiée en Belgique. Comment expliquer cet intérêt particulier pour ce phénomène ?
Tout d’abord, parce que les Belges ont depuis toujours été fascinés par l’image, le développement de l’art pictural l’atteste . Le cinéma belge actuellement est très fécond ; les frères Dardenne, Benoît Poelvoorde, Olivier Gourmet, Cécile de France, Emilie Dequenne, …
La Belgique fut fertile en peintres de grand talent et autres artistes de l’image : Ensor, Folon, Magritte, Delvaux, Brueghel, … « Jusque dans les années 50, mis à part les Etats-Unis, la Belgique était le pays avec le plus de salle de cinéma au km2. »*
Une autre raison évoquée pour expliquer un ce succès serait une spécifique à notre pays. Il faut noter que dans beaucoup de conflits linguistiques, le meilleur moyen de communication est le dessin, aussi bien en temps de domination qu’en temps de paix.
Par étonnant alors de voir que le neuvième art trouve sa place dans un pays réputé pour ses problèmes de langues.
Enfin, comme le disait déjà Héraclite, une opposition donne toujours naissance à une chose nouvelle. Le conflit linguistique fut donc probablement un moteur pour le développement de la bande dessinée.
Aussi, des auteurs comme Willy Vandersteen (Bob et Bobette) ont vite su tirer profit des rivalités. Il publie ses bandes dessinées aussi bien français qu’en néerlandais, adaptant un peu ses héros pour plaire de chaque côté de la frontière et leur faire atteindre le succès et la renommée que nous connaissons à Bob et Bobette, autrement appelé Suske en Wiske
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*in Le centre belge de la bande dessinée dirigé par Charles Dierick
Sources :
• B. PEETERS, Lire la bande dessinée, Flammarion, 2003
• DE LA CROIX A. & ANDRIAT F., Pour lire la bande dessinée, De Boek-Duculot, Belgique, 1992.
• DIERICK C. (dir.), Le centre belge de la bande dessiné, Dexia Banque 2000, Bruxelles,2000.
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14.10.2007
La Beat Generation et l'Amérique des années cinquante

Les années cinquante sont marquées aux Etats-Unis par une croissance considérable de la richesse nationale, l’ascension de la classe moyenne et l’absence presque totale de revendications sociales. Le pays est dirigé par des hommes âgés qui prônent un conservatisme libéral. Toute déviance politique est sanctionnée, comme le montre la chasse aux sorcières orchestrée par le trop célèbre sénateur Joseph McCarthy. Socialement et culturellement, les années cinquante sont empreintes de conformisme, chacun s’efforçant de réussir sa vie dans le meilleur des mondes capitalistes possibles.
Toutefois, cette période que le poète Robert Lowell a appelée « the tranquilized fifties », voit naître un mouvement et une littérature en rupture avec le conservatisme de l’après-guerre. New York et San Francisco, où se retrouvent poètes et romanciers, sont les foyers de cette rébellion. Au début des années cinquante, autour d’un petit noyau d’étudiants de l’Université de Columbia, se rassemble un groupe de jeunes gens dont les aspirations politiques et culturelles vont à l’encontre de l’idéologie ambiante. Ces esprits contestataires vont former la Beat generation dont l’ambition, dépassant la sphère artistique, est de créer un homme neuf, le Beat ou Beatnik.
Allen Ginsberg s’imposera comme le poète le plus marquant du groupe. Son approche poétique fédère un temps toutes les sensibilités. La lecture de son grand poème, Howl, à la librairie City Lights de San Francisco, en 1955, est l’évènement qui fonde symboliquement le mouvement. Ses amis, Jack Kerouac et William Burroughs, de leur côté, bouleversent le roman pour le mettre au service des nouvelles visions beat. Dans l’atmosphère étouffante du conformisme de l’époque, ces jeunes gens, dont le mode fascine une partie de l’Amérique, vont apparaître comme « the Only Rebellion Around », selon les termes d’un des premiers articles qui leur est consacré dans Life Magazine en 1959. Ils désirent forger, assez loin de tout mouvement politique, une autre manière d’être, qui sera d’ailleurs à l’origine de la contre-culture des années soixante. Leur ligne de refus est assez nette, ils affirment leur désir de liberté sexuelle et prônent l’importance des expériences du voyage, de la musique et de la drogue. Ils valorisent les visions intérieures, et les visions d’y accéder, la révolte sous toutes ses formes, car elle représente pour eux l’expression d’un moi conforme à la véritable américanité, dévoyée par la grande consommation et les réflexes conformistes.
Les écrivains assignent au mot beat des sens multiples. À celui de « poor, down and out, dead-heat on the bum, sad » ( « pauvre, dans la dèche, hors circuit, clochardisé, triste ») donné par John Clellon Holmes, s’ajoute celui suggéré par Kerouac de beatific, qui marque le désir de la Beat Generation de trouver « a wild self-believing individuality » (« une individualité dingue, qui croit en elle-même »), ou plutôt de la retrouver car elle serait typique du caractère américain.
21:00 Publié dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.10.2007
La "Beat Generation", une période unique en littérature
Suite à la récente republication du roman Sur la route de Jack Kerouac (cfr cet article), nous avons décidé d'en savoir un peu plus sur les origines et les acteurs d'un des mouvements les plus novateurs du XXe siècle, la Beat Generation.
C'est fin des années 40 que débute l'histoire des beatniks, lorsque se rencontre Jack Kerouac, William Burroughs et le poète Allen Ginsberg qui sont devenus les fondateurs du mouvement. Chacun d'eux écrira une des œuvres majeures dans l'histoire du mouvement : Sur la route de Kerouac, Howl de Ginsberg et Le Festin nu de Burroughs.
Le terme "beat generation" fut employé en 1948 par Kerouac pour désigner son cercle d'amis. Le romancier John Clellon reprendra le terme dans un article publié dans le New York Times qui fera figure de manifeste. Le terme "beat" est emprunté au jargon des jazzmen, Kerouac s'en empare et lui ajoute une connotation romantique : " pour moi, ça voulait dire être pauvre dormir dans le métro comme Huncke et cependant être illuminé et avoir des idées sur l'apocalypse et tout ça ". Mais être " beat " c'était aussi adopter l'attitude de " Bartleby solitaire contemplant la fenêtre murée de notre civilisation "(Jack Kerouac).
Ces jeunes étudiants, amoureux de jazz et de littérature, adoptent tous la même philosophie : ils refusent la course à l'argent et la voix dictée par les valeurs de l'Amérique contemporaine. Les Beatniks rejetaient la société organisée et corrompue et les valeurs traditionnelles; ils voulaient simplement vivre. Ils se révoltaient contre le matérialisme, l'hypocrisie, l'uniformité, la superficialité. Ils deviennent des espèces de bohémiens, errant sur les routes de l'Amérique sans autre but précis que de vivre leur goût pour l'art et les voyages. Pour eux, le rêve américain se trouve au bout de la route : "Derrière nous s'étendait l'Amérique et tout ce que je savais de la vie... Nous avions enfin trouvé le territoire magique au bout de la route, et jamais nous n'aurions pu rêver d'une si vaste étendue de magie." (Jack Kerouac)
Si l'origine du mouvement date de 1948, il faudra attendre la publication en 1957 du roman de Kerouac pour que la beat generation devienne un véritable mouvement littéraire, social et culturel. A partir de ce moment, l'intérêt pour le mouvement et ses idées deviendra de plus en plus croissant et il annoncera le mouvement hippie qui viendra dans les années 60. Nous pourrions dire que la beat generation s'éteint la où le mouvement hippie commence puisque Kerouac, symbole de cette mouvance décédera en octobre 1969, quelques mois après le festival de WoodStock, le point de départ de la nouvelle génération américaine dont lui et ses amis avaient semé les bases.
Encore aujourd'hui, la beat generation reste une époque unique dans l'histoire de la littérature et suscite encore de l'intérêt, preuve en est que 20 ans après la première publication, "Sur la route" fait encore l'événement de la rentrée littéraire de 2007.
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Pour ceux qui veulent découvrir plus de textes :
Gérard-Georges LEMAIRE, Beat Generation - Une anthologie, Ed. Al Dante
20:45 Publié dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.10.2007
On the road again : sur les traces de la beat generation
Près de cinquante ans après sa publication, le livre de Jack Kerouac, Sur la route, fascine toujours autant et crée l'évènement de la rentrée littéraire américaine 2007. Publiée le 5 septembre 1957, cette oeuvre majeure de la Beat Generation, qui se vend encore à quelque 100.000 exemplaires par an, est republié aujourd'hui et fait l'objet d'une exposition, d'un film en préparation et de nombreux articles dans la presse américaine.
Jack Kerouac a écrit On the road (Sur la route) à New York en avril 1951, aux termes d'un périple d'est en ouest à travers les Etats-Unis. Rédigé d'un seul jet en trois semaines, ce texte raconte l'errance initiatique et la quête de vérité de l'auteur le long des routes américaines, en particulier de la mythique Route 66 qui relie Chigaco à Los Angeles. Jack Kerouac, qui porte dans le roman le pseudonyme de Sal Paradise, accompagné de son ami Neal Cassady (Dean Moriarty), fait du stop, loge dans les motels ou chez qui l'héberge, rencontre des américains anonymes ou exceptionnels comme Allen Ginsberg (Carlo Marx) ou William Burroughs (Old Bull Lee) -- les deux autres grands noms de la Beat Generation -- avec qui il partage, entre euphorie et dépression, réflexions philosophiques, femmes, drogues et alcool.
16:55 Publié dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


