15.07.2008
Je sousigné Gaston Compère
Agé de 83 ans, l'écrivain belge Gaston Compère vient de quitter la scène littéraire. Découvert, comme Henry Bauchau, alors qu'il avait déjà passé la cinquantaine, ce docteur en philologie romane de l'Université de Liège, auteur d'une remarquable thèse sur Maurice Maeterlinck, laisse derrière lui une oeuvre riche et diversifiée. En effet, aucun genre littéraire ne semblait être étranger à cet auteur qui a exploré aussi bien la prose, la poésie, la fiction que l'essai.
Tout en étant enseignant à l'Athénée d'Ixelles, il commence parallèlement à écrire ses premiers textes. Il débute discrètement en écrivant un recueil de poésie Géométrie de l'absence remarqué par Marcel Thiry puis, en 1974, Sept machines à rêver, court recueil de nouvelles, révèle ses dons de conteurs et ses affinités avec le romantisme allemand. Son oeuvre est alors doublement félicitée par deux prix littéraires belges : d'abord le prix Jean Ray pour la Femme de Putiphar en 1975. Ensuite, Portrait d'un roi dépossédé, qui fait sensation à sa sortie, est immédiatement récompensé par le Prix Rossel en 1978. Ce roman jette le thème principal des futures compositions de Compère : la "révolte contre la condition d'avoir été jeté dans l'univers ".Ce mal de l'existence se traduit dans des contextes historiques (Je soussigné Charles le Téméraire et Je soussigné Louis XI) ou dans des contextes mythologiques (réécriture du mythe de Robinson en lui donnant une dimension philosophique). En 1985, preuve de son importance grandissante au sein de la francophonie, il aura la chance d'être l'invité de Bernard Pivot pour la célèbre émission littéraire "Apostrophes ".
Outre ses talents d'écrivains, Gaston Compère est aussi un excellent compositeur et un remarquable metteur en scène. Il a notamment adapté des pièces de Shakespeare avec la complicité de Daniel Scahaise.
L'écrivain belge possédait encore d'autres cordes à son arc : on lui doit aussi des essais sur Jean-Sebastien Bach et un second livre sur Maurice Maeterlinck.
Cet auteur complet, reconnu et qu'on ne tardera pas à compter parmi les plus grands, était malheureusement malade depuis plusieurs mois : il souffrait de ce qu'on nomme le Syndrome d'Atlas, c'est-à-dire une maladie qui donne à celui qui en souffre l'impression de supporter tout le poids du monde sur ses épaules (Atlas étant le géant de l'Antiquité qui soutenait la voûte céleste sur ses épaules). Étrange coïncidence pour celui qui a chanté tout au long de ses textes le mal de l'existence.
Son dernier roman, Caroline et Monsieur Ingres est paru en 2006 aux éditions Le Cri.
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Vous pouvez consulter le portrait de Gaston Compère écrit pas Philippe Blasband, un de ses anciens élèves, sur son site
Sources :
Jacques De Decker, Entre mystique et grotesque, Journal Le Soir, n°165, 15 juillet 2008.
15:38 Publié dans Café littéraire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gaston compère



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