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22.01.2008

Maurice Maeterlinck et le musée imaginaire

b8ded77ae4e4f98dcbeca94abf9c97df.jpgLe Musée Rops organise du 19 janvier au 13 avril une exposition sur Maurice Maeterlinck, en revenant notamment sur le lien entre image et écriture dans le Symbolisme, et tout au long de l'oeuvre de Maeterlinck.

Maurice Maeterlinck et le Symbolisme

Maurice Maeterlinck (1862-1949), poète, auteur dramatique et essayiste, nourri de philosophie, a profondément marqué l'histoire littéraire et culturelle de notre pays :les années 1880-1890 marquent l'explosion de la littérature belge d'expression française qui s'illustra tout particulièrement dans le domaine symboliste.

"Le poète ajoute à la vie ordinaire un je ne sais quoi qui est le secret des poètes, et tout à coup elle apparaît dans sa prodigieuse grandeur."

Maeterlinck s'est bon gré mal gré identifié au Symbolisme, mouvement au sein duquel il a vécu et dont il a tiré les accents les plus caractéristiques en même temps que les plus personnels. Octave Mirbeau déclarait à propos de La Princesse Maleine (publiée en 1889) qu'elle était "supérieure en beauté à ce qu'il y a de plus beau dans Shakespeare". Mais il faut voir dans le poète des Serres Chaudes (publiées également en 1889), l'annonciateur et pour ainsi dire le véritable fondateur du Symbolisme : Maeterlinck définit d'abord très bien sa conception du symbole dans sa réponse à Jules Huret (1891). Au "symbole a priori", à l'allégorie, il oppose "l'autre espèce de symbole", symbole "qui serait plutôt inconscient, aurait lieu à l'insu du poète, souvent malgré lui, et irait presque toujours bien au-delà de sa pensée: c'est le symbole de toute création géniale d'humanité". Maeterlinck préfère donc la puissance de la suggestion et la dynamique autonome du symbole. C'est donc lui, le Flamand, le terrien profond, qui enracina le Symbolisme dans les lettres et lui donna droit de cité. Il n'eut jamais le temps d'être un Shakespeare (ni même Maeterlinck?), puisqu'il préféra se retirer dans l'ombre à tout jamais, lui qui avait pourtant mis "l'âme au-dessus des torts les plus cruels et des fautes les plus graves." (Le Trésor des humbles).

Le Musée imaginaire de Maurice Maeterlinck

Le but de l'exposition est de créer le musée imaginaire de Maurice Maeterlinck (rejoignant l'idée du Musée imaginaire de Malraux), musée qui fait le lien entre l'image et l'écriture en regroupant les oeuvres qui l'ont inspiré et les artistes qui ont illustré ses ouvrages. De nombreux artistes belges et français ont approché les oeuvres littéraires de l'auteur par le biais de la peinture, du dessin et de l'illustration: cela va de Léon Spilliaert (Serres chaudes, 1917) à Odilon Redon (Dans mon rêve je vis au Ciel un Visage de Mystère, 1885), en passant par Khnopff.

L'exposition propose un parcours qui va de la poésie au théâtre, ce qui permet de découvrir des oeuvres variées et aux techniques différentes, le tout accompagné de livres illustrés, sculptures (celles de George Minne), photographies (celles de Fernand Khnopff), et de mettre en scène les poèmes et textes de Maeterlinck.

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Exposition accessible tous les jours de 10 à 18 heures, sauf le lundi, à partir du 19 janvier jusqu'au 13 avril 2008.

Commissaire de l'exposition : Denis Laoureux, professeur au Département d'Histoire de l'art de l'Université Libre de Bruxelles (interview à lire sur le FORUM du PDM)

 

 

 

 

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