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01.02.2008
Lectures croisées : L'appareil-photo
Les chroniqueurs vont lire les mêmes romans pour partager leurs impressions et comparer leurs points de vue sur une même oeuvre. Nous allons cette fois -ci présenter le roman L'appareil-photode Jean-Philippe Toussaint.
L'écrivain dont nous allons parler cette semaine peut être associé à Eric Chevillard, présenté précédemment, ainsi qu'à Jean Echenoz. Ils sont habituellement surnommés les "nouveaux nouveaux romanciers".
L'écriture de Jean-Philippe Toussaint, écrivain et cinéaste belge, auteur de neuf romans publiés aux Editions de Minuit, peut être caractérisée comme une écriture très minimaliste. Dans la tradition des nouveaux romanciers, les personnages de Toussaint se réduisent au minimum, l'intrigue n'est plus l'élément moteur du récit et seul l'insignifiant ou le banal compte vraiment et peuvent servir de base à de longues digressions et d'explorations de la conscience d'un personnage.
Un roman expérimental

C'est sur cette phrase quasi manifeste, comme la qualifie lui-même Jean-Philippe Toussaint dans un entretient réalisé par Laurent Demoulin en 2007, que commence le troisième roman de l'écrivain belge : "C'est à peu près à la même époque de ma vie calme où d'ordinaire rien n'advenait, que dans mon horizon immédiat coïncidèrent deux événements qui, pris séparément ne présentaient guère d'intérêt, et qui considérés ensemble, n'avaient aucun rapport entre eux." Et comme l'annonce l'incipit, en effet, le roman ne va s'attacher qu'à une histoire sans importance, à savoir l'histoire d'un curieux personnage qui sous le prétexte de vouloir apprendre à conduire va pénétrer dans la vie de la jeune employée de l'agence d'auto-école dont il va progressivement tomber amoureux. L'histoire des deux protagonistes dont on ne saura presque rien sinon qu'elle se prénomme Pascale Polougaïevski et qu'il souffre des pieds va être une suite d'aventures banales comme aller acheter une bouteille de gaz ou se rendre à Milan pour consulter un pédicure. Le roman peut se diviser en deux parties, la première avant le trajet en bateau qui est à la fois ironique et humoristique; la seconde après le trajet en bateau qui devient plus réflexive et philosophique.
Le roman de Jean-Philippe Toussaint présente la vision d'une réalité sans résistance hormis celle d'un narrateur décourageant et impertinent, en laissant les choses suivre leur cours dans un surgissement "photographique" de l'infini et du minimal arrachés aux yeux du narrateur. Beaucoup, d'ailleurs y ont vu une sorte de programme, de manifeste et même de renouvellement d'un "nouveau nouveau roman" dans le radicalisme d'un combat tantôt ironique, tantôt mélancolique qui marque tout le roman. Dans le combat entre toi et la réalité, sois décourageant. Les pensées se suivent, le narrateur ne cessant de penser toujours à autre chose, en renonçant à se mesurer à une réalité qui semblerait inépuisable. On passe progressivement de la difficulté de vivre au désespoir d'être. Position métaphysique qui marque cette progression - voire cette rupture - qui se déploie dans le roman, simulation aussi d'une vie comparable et détachée de la "vraie" vie dans les décombres de la réalité extérieure, mais vers l'émergence d'une réalité tout autre.L'auteur nous porte au rythme de ses longues phrases et de ses interminables digressions. L'humour discret est toujours présent derrière les réflexions sans fin du héros. L'auteur lui-même, affirme que se retrouvent dans l'écriture de L'appareil-photo tous les éléments caractéristiques de ses prochains romans. Des éléments qu'on retrouve également chez d'autres écrivains que certains essaient de rassembler dans un nouveau mouvement littéraire sous le nom de "roman de Minuit", "nouveau "nouveau roman"", "roman post-moderne" ou comme le propose encore l'auteur "roman infinitésimaliste" qui ferait référence autant à l'infiniment grand qu'à l'infiniment petit.
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J.-P. TOUSSAINT, L'appareil-photo, Paris, Editions de Minuits, 1988, coll. "Double".
Edition complétée d'un interview de l'auteur par Laurent Demoulin en mars 2007.
19:59 Publié dans Café littéraire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : lectures croisées, toussaint, appareil-photo



Commentaires
Le texte consacré au roman de J.-P. Toussaint passe mal ! La ponctuation est souvent fautive et l'accord du verbe à la quatrième ligne du dernier paragraphe laisse pantois !
Dommage : c'était mon premier contact avec le site !
Ecrit par : Servais | 13.03.2008
J'ajouterai que l'orthographe du premier paragraphe du même texte ne vaut pas mieux ! C'est incroyable ! Pauvre auteur !
Ecrit par : Servais | 13.03.2008
Certe, l'orthographe laisse quelques fois à désirer mais au lieu de critiquer les auteurs sur cette question, peut-être serait-il plus constructif de se proposer pour les aider à se corriger.
Ecrit par : Marie | 21.03.2008
Oui, Marie. Commençons donc tout de suite : "certes" s'écrit avec un "s".
Ecrit par : Servais | 26.04.2008
Cher Servais, chère Marie, si nos articles comprennent des fautes d'orthographes inexcusables, vos quatre commentaires sont délicieux à lire et à relire.
Outre l'orthographe (dont les fautes sont dues à une mauvaise relecture, et puis, nous ne sommes que deux à les écrire), j'espère que le contenu de nos articles vous intéresse.
Malgré cela, nous espérons vous revoir très prochainement...
P.J.
Ecrit par : pjassogn | 27.04.2008
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