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23.12.2007

L'écrivain discret s'en est allé...

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Julien Gracq avait refusé le prix Goncourt mais accepté d'être publié dans la prestigieuse collection La Pléiade.

Depuis de nombreuses années, Julien Gracq s'était retiré à Saint-Florent-le-Vieil, dans l'ouest de la France. L'auteur du Rivage des Syrtes et des Eaux Etroites est décédé ce samedi 22 décembre à l'âge de 97 ans des suites d'un malaise. Avec ses 19 ouvrages nourris de romantisme allemand, de fantastique et de surréalisme, il figurait parmi les plus grands écrivains contemporains.

Né le 27 juillet 1910 (à Saint-Florent-le-Vieil), Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, était agrégé d'histoire et de géographie. En 1938, il fait publier son premier livre Au château d'Argol chez l'éditeur et libraire José Corti, auquel il restera fidèle durant toute sa vie. En 1939, après avoir rencontré André Breton, chef de file du surréalisme, il devient un compagnon de route du mouvement dont il s'éloignera cependant assez vite. La perfection de son style frisait parfois la préciosité. Il a embrassé tous les genres. Pamphlétaire dans La littérature à l'estomac (1950), où il stigmatisait les moeurs littéraires, poète dans Liberté grande (1947), critique dans Préférences (1967), nouvelliste dans La presqu'île (1970) et romancier dans Un beau ténébreux (1945) ou Un balcon en forêt (1958). Homme secret et rétif aux honneurs, Julien Gracq avait refusé le prix Goncourt en 1951 pour son chef-d'oeuvre Le rivage des Syrtes. Mais il avait accepté d'enter en 1989 dans la prestigieuse collection de Gallimard, La Pléiade. Jamais édité en poche, ses textes n'avaient connu que des tirages limités, ce qui ne l'avait pas empêché d'acquérir un immense prestige auprès d'un public lettré. Son dernier livre, Entretiens, est paru en 2002

Commentaires

Bel hommage à celui qui a été un très grand écrivain par la beauté poétique de son style et l'ambiance de mystère et de suspens dans lesquels baignaient ses récits.
A signaler en juin la magazine littéraire lui avait consacré son numéro ave sa dernière interview.

Ecrit par : vayhair | 26.12.2007

C'est amusant, je ne connaissais Gracq que pour sa participation sommaire à l'Encyclopédie des Italiques et ses Entretiens Vulgaires qui ont tant permis à son non moins célèbre collègue Émile Colleau de terminer sa Ballade des Planches (mais je n'ai pas encore osé regarder l'adaptation cinématographique).

Je suis heureux de constater que Gracq était, comme Émile, un de ces êtres qui sacrifiait la vérité des rêves au nom de la poésie des faits, en un temps où il n'était apprécié des masses que de faire le contraire.

Ecrit par : Saegor | 30.12.2007

Pour ceux qui aiment bien Gracq ou veulent le découvrir, comme signalé plus haut, le dossier du Magazine Littéraire qui lui était consacré était très intéressant?

Ecrit par : Niko | 09.01.2008

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