11.12.2007
Alechinsky, encre, marges et serpent
Les Musées royaux des Beaux-Arts abritent jusqu'au mois de mars, une exposition consacrée à l'artiste Pierre Alechinsky. Elle évoque soixante ans du parcours de ce peintre gaucher, écrivain de la main droite; aux sources duquel on trouve le groupe CoBrA.
L'homme a le geste fascinant, il semble conférer du souffle au tracé de son pinceau. Le marouflage, l'estampage...sont autant de techniques que Pierre Alechinsky explore. Elles deviennent ses préférences au fil des années. Maroufler: fixer des papiers fins sur une toile plus rigide à l'aide de colle forte dite maroufle qui durcit en séchant; comme lorsqu'Alechinsky compose, assemble de véritables phrasés d'images, lorsqu'il superpose les traits de son pinceau aux imprimés d'une carte géographique ou maritime, d'une facture désuète, d'un bon de valeurs boursières... Estomper: donner forme ou relief en faisant empreinte d'une matière dure dans une matière malléable; comme lorsqu'il passe une brosse d'encre presque sèche sur un papier chinois étalé par dessus une bouche d'égoûts. Nombre de toiles déclinent ce principe qu'Alechinsky explique tenir de l'imprimerie, sa formation d'origine. Il y voit une protection de la peinture vulnérable, une manière d'attirer le regard sur la toile, un chemin de ronde,... Les Musées royaux nous invitent à découvrir soixante ans de création à travers des empreintes, au départ de la rencontre d'Alechinsky avec le groupe CoBrA et le début d'une longue connivence avec les écrivains, les artistes comme Christian Dotremont ou Asger Jorn. Au gré des déambulations, il est possible d'entendre Pierre Alechinsky commenter l'un ou l'autre tableau, partager ses réflexions, des extraits de ses écrits (car le peintre est écrivain, comme l'écrit Bernard Heitz (Télérama) : "Traits et lignes comptent autant que lui que mots et titres") Tout au long d'un parcours construit par l'artiste et les commissaires de l'exposition, le visiteur sera plongé dans une rétrospective, "de "A à "Y", le "Z" restant encore à écrire" (La Libre Belgique).
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