17.11.2007

Lectures croisées : Oreille Rouge

Cette semaine, le Particule des Manches commence ses premières "lectures-croisées".
Les chroniqueurs vont lire les mêmes romans pour partager leurs impressions et comparer leurs points de vue sur une même oeuvre. Nous commencerons par le roman Oreille Rouge d'Eric Chevillard. Mais avant de parler du roman, quelques mots sur l'auteur :

1e7ac452fd35da27447749d843a39abd.jpgÉric Chevillard fut dans un premier tant associé à un groupe d'écrivains parmi lesquels on retrouve Jean Echenoz, Jean-Philippe Toussaint ou François Bon.
Son premier roman, Mourir m'enrhume, est immédiatement salué par la critique. Au fil de ses oeuvres, il va imposer son propre style : il est habile à détourner les conventions de la langue et à mêler un humour décapent avec une certaine audace. Aujourd'hui, il est l'auteur de presque une vingtaine de roman dont le dernier publié aux Editions de Minuits en 2007 s'intitule Sans l'orang-outan et "Il partage son temps entre la France (trente-neuf années) et le Mali (cinq semaines). Hier encore, un de ses biographes est mort d'ennui."*



f6f517ba6dcf98dd6fd937c268ebe76e.jpgOreille Rouge est le roman qui fera l'objet de la première lecture-croisée du Particule des Manches. Oreille rouge est un surnom donné à un écrivain casanier qui vient un peu malgré lui en résidence d'écriture au Mali. Ainsi, il part en Afrique, pays des lions et du soleil avec l'idée d'écrire un grand poème sur l'Afrique dans son petit carnet. Son poème se change vite en carnet de voyage où se brisent l'un après l'autre les stéréotypes et les clichés qu'il avait emporté avec lui.

Dans Oreille Rouge, ce qui séduit avant tout est la manière d'écrire d'Eric Chevillard, un style particulier qui mélange envolées lyriques sur l'Afrique, réflexions intérieures et histoires de vieux conteurs africains. Avant d'être une parodie de la littérature de voyage où un écrivain en panne d'inspiration se prend pour un grand Philippe Lambillon, le livre est un poème sur l'Afrique. Une Afrique que Chevillard connaît et qu'on aperçoit entre les lignes.
Poésie, auto-dérision et critique, tels sont les ingrédients qui font d'Oreille Rouge un roman qu'on aime lire et relire.


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*in le Dictionnaire des écrivains contemporains de langue française par eux-mêmes
sous la direction de Jérôme Garcin, Éditions Mille et Une Nuits

Ecrivain casanier en France, poète de l'infini en Afrique, Oreille rouge essaie de se fondre parmi la foule, de se plonger dans les grandeurs, les profondeurs de la savane. Parodie de la littérature de voyage, peut-être, mais surtout expérience d'écriture, relation de voyage entre un homme et l'inconnu. Mise en scène de cet auteur dans un espace trop grand pour lui, ce pays ne rentre pas nécessairement sur les pages de son cahier de moleskine. A travers ses mots, il voudrait contenir l'Afrique, ne cessant de se demander comment transposer ce qu'il voit dans le monde de la littérature...Profondément pénétré par l'Afrique, ce blanc qui n'est noir qu'à la nuit tombée, ramène son Afrique à Paris-Métropole, il est l'Afrique...Roman délicieux qui nous montre que l'aventure est au coin de la rue...il suffit de tourner la page! 

Commentaires

Pour les amateurs de Chevillard, il y a son blog :
http://l-autofictif.over-blog.com/

Ecrit par : Agnes | 20.11.2007

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