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17.11.2007
La liste "b" de Léo Scheer
La saison des prix littéraire s'achève et une vague de mécontentement s'élève sur la toile. Léo Scheer a lancé un "appel solennel à la révolte" dès l’annonce de la consécration de l’Alabama Song (Mercure de France) de Gilles Leroy par le Goncourt et du Chagrin d’école (Gallimard) de Daniel Pennac par le Renaudot.
"Devant la terrible médiocrité de l'annonce des premiers prix littéraires, j'appelle ici, solennellement, ce lundi noir, 5 novembre 2007, au soulèvement de la blogosphère. C'est un plan "B" (pour Blogosphère). Nous pouvons organiser dans cet espace, un double parallère du désolant espace réel, avec un Goncourt "B", un Renaudot "B", un Fémina "B", un Médicis "B" etc..."
L'appel à la révolte de Léo Scheer a été relayée sur la blogosphère où le débat est désormais ouvert : pour ou contre une révolte, une liste "B", quelle valeur attribuer aux prix, quelle évaluation, la critique est-elle morte ? Philippe Boisnard ( du site www.libr-critique.com) commente dernièrement : "Un symbole n’est symbole que pour celui qui en reconnaît un signe. Le symbole du Goncourt cela fait bien longtemps que pour beaucoup il n’est plus signe de qualité, mais seulement reconnaissance de marché. On ne s’y trompe pas".
Cette réaction de Léo Scheer, légitime ou pas, relance le débat sur les prix littéraires et sur leur jury. Elle pose à nouveau la "question de savoir si les prix littéraires sont plus proches aujourd'hui du marketing éditorial que de la défense des auteurs et de la littérature...affaire à suivre!" (Pierre Jassogne)
Quoi qu'il en soit, voici la liste "B", chez Léo Scheer diffusée sur le blog de la maison d'édition.
Goncourt "B" : Un roman russe, Emmanuel Carrère
Renaudot "B": Un roi sans lendemain, Christophe Donner
Fémina "B" : Cendrillon, Éric Reinhardt
Médicis "B" : Paris. Musée du XXIe siècle, Thomas Clerc
Académie "B" : In Mémoriam, Linda Lê
Interallié "B" : Hoffmann à Tôkyô, Didier Da Silva
Décembre "B" : Amende Honorable, Julien Capron
Enfin, pour conclure, nous pourrions vous demander : que pensez-vous d'une telle initiative ? Justifiée ou injustifiée ? Coup dans l'eau ou annonciateur de possibles changements dans les mentalités et les critiques ?
18:28 Publié dans La République des Lettres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Personnellement, je pense qu'une liste "b" montre que les choix d'un jury ne correspondent pas forcément avec ceux du public. Et le critère retenu pour critiquer le Goncourt n'est pas pertinent, "Alabama Song" ne rencontrait pas encore un succès commercial comparable à d'autres best-seller. En ce qui concerne le Renaudot, je trouve regrettable que Pennac qui il y a quelques mois jouait encore dans une pièce où il se moquait des prix littéraires, ne refuse pas ce prix comme avait su le faire d'autres auteurs avant lui (Julien Gracq par exemple). Il s'en moquait tant qu'il n'en avait pas reçu un je pense.
Ecrit par : Nicolas | 18.11.2007
Je crois que chaque année a son lot de prix B, le problème de cette liste, c'est qu'elle rentre au final dans la même logique, reconnaissance, marketing éditorial...
De plus, je pense que le problème des prix de nos jours, c'est qu'ils sont trop liés à la rentrée littéraire de septembre (notamment Cendrillon, qui a fait la une des Inrocks) et que certains livres récompensés dans cette liste b, notamment le livre de Carrère a été publié l'année passée (en février, je crois)... Aujourd'hui, il y a effectivement plusieurs rentrées littéraires, une en septembre, et une en janvier, dont on parle un peu moins, et ce notamment parce qu'il n'y a peu ou pas de prix littéraires...
Notons par rapport à certains prix qu'ils ont été distribué à des journalistes assez influents, je pense notamment à Eric Fottorino, pour ses Baisers de Cinéma (éd.Gallimard) qui est directeur du journal Le Monde, mais aussi Christophe Ono-dit-Biot (ou quelque chose du genre) qui est journaliste et critique au Point, bref, tout le monde s'y retrouve...néanmoins, que cela ne nous empêche pas de lire ces livres, tout est bon à prendre, même le pire, et ce n'est le cas qu'en littérature...
Ecrit par : Pierre | 18.11.2007
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