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13.11.2007
Que ferait-on sans le Goncourt ?

Crée pour récompenser chaque année « le meilleur ouvrage d'imagination en prose, paru dans l'année », le prix Goncourt est attribué presque exclusivement à un roman. Le prix français le plus prestigieux, bien que lui-même symbolique — dix euros — mais la notoriété promise au lauréat, qui verra son œuvre accéder au palmarès des meilleures ventes, est une récompense très convoitée. Légué par le testament d'Edmond de Goncourt en 1886, la Société Littéraire des Goncourt est officiellement fondée en 1902 et le premier prix Goncourt sera décerné le 21 décembre 1903.Les dix membres de l'Académie Goncourt se réunissent chaque premier mardi du mois dans leur salon, au premier étage du restaurant Drouant. Le prix est attribué début novembre. Si après quatorze tours de scrutin il n'y a pas de lauréat élu le président a une voix double pour déterminer une majorité de vote. Le prix ne peut être décerné qu'une seule fois à un même écrivain. À une exception près : l'imposture littéraire de Romain Gary qui l'a reçu en 1956 pour son roman les Racines du ciel, puis en 1975, sous le pseudonyme d'Émile Ajar, pour le roman La Vie devant soi. Notons aussi que le prix Goncourt est indissociable, depuis 1926, du prix Renaudot, créé cette année-là par dix critiques littéraires qui attendaient la proclamation faite par le président de l'Académie Goncourt. Sans être organiquement lié au jury du Goncourt, le jury du Renaudot joue le rôle de son complément naturel, accentué par l'annonce du résultat, simultanément et dans le même cadre.
Gilles Leroy, lauréat du Goncourt 2007 pour "Alabama Song"
Attribué ce lundi au roman de Gilles Leroy "Alabama Song", publié au Mercure de France, le prix Goncourt vient donc de réponsenser un "petit" éditeur, la sélection ayant fait la part belle aux petites maisons, et ce au détriment des acteurs habituels. Reste à savoir si le succès commercial sera au rendez-vous... C'est à l'issue d'une sélection très ouverte que le roman de Gilles Leroy a été primé cette année, tout en étant en lice pour le prix Renaudot, qui a finalement été attribué à Daniel Pennac pour "Chagrin d'école" chez Gallimard. Cette année, le jury du Goncourt a voulu innover en retenant seulement cinq romans, au lieu de quatre pour témoigner de la diversité de la production littéraire. Etaient en lice pour ce prestigieux prix: Olivier Adam avec " A l'abri de rien" (L'Olivier), Philippe Claudel pour "Le rapport de Brodeck" (Stock), Clara Dupont-Monod avec "La Passion selon Juette" (Grasset), Gilles Leroy et Michèle Lesbre avec "Le Canapé rouge" (Sabine Wespieser). Spécificité de la sélection: le jury avait choisi de faire la part belle à des éditeurs hors du cercle des grandes maisons qui se partagent habituellement le prix. Car plus qu'une bataille littéraire, l'attribution du Goncourt est aussi une jolie bagarre commerciale entre les éditeurs pour qui ce prix reste un enjeu majeur. Le dernier Goncourt 2006, attribué aux "Bienveillantes" de l'Américain Jonathan Littell, a ainsi signé un record avec, selon l'éditeur Gallimard, plus de 730.000 exemplaires vendus. Mais ce succès reste exceptionnel, les ventes du Goncourt s'établissant en moyenne à 237.000 exemplaires entre 2000 et 2005 selon les chiffres.En fait, les prix profitent surtout aux livres qui ont déjà séduit un large public. Tel était le cas pour "Les Bienveillantes", qui avait déjà rencontré le succès avant de remporter le prix. Cette année, deux sélections en lice - "A l'abri de rien" et "Le rapport de Brodeck" - pointent également déjà parmi les meilleure ventes de l'automne. Reste que le Goncourt se situe toujours au dessus des autres prix en termes de retombées commerciales. "Alabama Song", qui n'avait été tiré à ce jour qu'à 25.000 exemplaaires, devrait donc largement en profiter. De son côté, Daniel Pennac, déjà numéro un des ventes avec son "Chagrin d'école", peut espérer battre de nouveaux records de vente pour un Renaudot. Les jurés Renaudot avaient également retenu dans leur sélection "Un roi sans lendemain" (Grasset) de Christophe Donner, "Le privilège des rêveurs" (Albin Michel) de Stéphanie Janicot, "Sept pierres pour la femme adultère" (Mercure de France) de Vénus Khoury-Ghata et "Birmane" (Plon) de Christophe Ono-dit-Biot.
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