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06.10.2007
Fou, dites-vous, Mesdames, Messieurs? : les délires d'André Baillon
Mesdames, messieurs, connaissez-vous André Baillon, considéré comme le plus grand écrivain que la Belgique francophone ait connu dans la première moitié du XXe siècle. Né à Anvers en 1875, toute son enfance est marquée par la mort, celle de son père, son frère cadet et de sa mère.
A partir de 1899, il entame un roman autobiographique, "La Dupe", roman qui ne sera jamis terminé, puis éccrit une série d'articles et de récits dans "Le Thyrse", une revue récemmen fondée. En 1901, il rencontre Marie Vandenberghe, une ancienne prostituée flamande qu'il épouse un an plus tard. En 1903, après une succession de crises de neurasthénie, il écrit simultanément un roman biblique "Judith". Ces activités se soldent par un échec, et fin 1905, il revient, avec Marie, à Bruxelles où le quotidien "La Dernière Heure" l'engage comme rédacteur de nuit.
Les efforts de Baillon pour devenir écrivain semblent voués à l'échec: il ne publiera plus rien pendant près de dix ans. Ce n'est qu'en 1913 qu'il reprendra son activité liitéraire, et ce après sa rencontre avec la pianiste Germaine Lievens. Arrivent quatre années prodigieuses, il écrit presque d'une traite "Histoire d'une Marie", "En Sabots", "Délires", "Par fil spécial" et "Zonzon Pépette". En travaillant à ce dernier ouvrage, il s'identifie tellement à son héros, un criminel, que Germaine, victime à son tour d'une grave dépression, le quitte fin 1918. Il retrouve Marie, ce qui ne l'empêche pas de garder de nombreux contacts avec Germaine. Au printemps 1920, Germaine part à Paris avec leur fille Eve-Marie. Quelques mois plus tard, Baillon la rejoint avec Marie et une valise pleine de manuscrits. Il a quarante-cinq ans et son tout premier livre, "Moi quelque part", qui vient d'être édité à Bruxelles, a été tiré à 535 exemplaires. S'ensuit une tentative tumultueuse de ménage à trois à Paris, mais en avril 1922, Marie renonce et retourne à Bruxelles. C'est à la même époque que paraît "Histoire d'une Marie" que plusieurs critiques saluent comme un chef-d'oeuvre. Malgré ce succès d'estime, il en est réduit à accomplir d'obscures besognes pour des éditeurs et des journaux. En 1923, il sombre moralement et sera interné dans le service psychiatrique de la Salpetrière, à Paris, où il reste trois mois. Ironie du sort, c'est sur son lit d'hôpital qu'il reçoit son premier prix littéraire. Du reste, ce séjour s'avérera particulièrement fécond sur le plan littéraire puisqu'il y trouvera l'inspiration de trois romans, "Un homme si simple", "Le Perce-oreille du Luxembourg" et "Chalet I", les deux premiers comptant parmi ses chefs-d'oeuvre. A sa sortie d'hôpital, il s'installe à Marly-le-Roi, où il écrit et vit en ermite pendant quelques années. En 1930, il noue une liaison dévorante avec une auteure bruxelloise, Marie de Vivier, une admiratrice de son oeuvre. Ils échangent des centaines de lettres qu'ils brûlent dans leurs moments de crise et tentent de ensuite de les reconstituer. Ils essayent de se tuer l'un l'autre, organisent en duo leur suicide et se ratent, puis tentent en vain de se suivider chacun de leur côté. C'est le 10 avril 1932 qu' André Baillon meurt à l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye.
Après sa mort, son oeuvre tombe rapidement dans l'oubli. Ce n'est qu'à la fin des années septante que plusieurs critiques en viennent à le considérer comme le plus grand écrivain de notre littérature.
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Délires, pièce de théâtre d'André Baillon, du 4 au 13 octobre 2007 à 20h30 au Théâtre Jardin-Passion Réservations et informations: 39, rue Marie-Henriette, 5000 Namur / 081 22 47 22
14:00 Publié dans Bunker de papier | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
A voir absolument!
Ecrit par : AnSo | 07.10.2007
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